J'avais rapidement quitte la ville de Sibiu, decu par l'ambiance un peu surfaite. Il me semblait que la Transylvanie avait autre chose a offrir, et le futur allait me prouver que j'avais tout a fait raison.
Le train me depose apres un voyage assez court a la gare de Sighisoara. C'est en posant le regard sur cette petite bourgade de la Transylvanie qu'on comprend tout de suite son interet. En son milieu trone une forteresse medievale herissee de clochers et de tours qui nous rappellent immediatement son enfant le plus morbidement celebre. Vlad Tsepes, dit l'empaleur, celui qui inspirera la legende du Comte Dracula a l'interieur de ces remparts.
Comme le soleil commence a se coucher, je hate le pas pour rejoindre la vieille ville ou j'ai bon espoir de trouver une chambre pour la nuit. Je traverse la riviere qui enserre la colline qui se dresse devant moi, puis je commence mon ascension. Les routes ici ne sont pas pavees, la terre battue nous permet un agreable retour dans le passe. Des que je franchis les murs de la ville, un detail m'irrite. Il y a des touristes partout, surtout une maree d'enfants en visite scolaire qui achetent des epees en bois. Mais j'ai bon espoir qu'une fois la nuit tombee...
J'arrive au centre de la ville fortifiee et je remarque une vieille dame, avec son chale sur la tete, qui me fait un beau sourire. Camere? Oui, j'ai besoin d'une chambre. Je la suis a travers un dedale de ruelles qui nous menent a une lourde porte de fer a l'ombre d'un rempart. Elle glisse la cle a l'interieur et me montre ma chambre. Ideale, l'atmosphere est calme, il y a meme un bureau et un fauteuil et je pourrai lire a ma guise. Apres une negociation plus ecrite que parlee, nous arrivons a une entente. Apres un bon bain qui me permet d'oublier l'humidite froide de l'endroit, je me plonge dans un livre que je veux finir depuis un bon moment. Absurdite, liberte, suicide, revolte, Camus termine neanmoins son euvre avec une touche d'optimisme.
C'est avec cette gravite intellectuelle que je me propose d'explorer la ville sur laquelle le voile de la nuit est tombe depuis deja un moment. En suivant les remparts, je reussis a trouver un tres agreable chemin qui sied aux types de pensees auxquelles je m'adonne a ce moment. Il semblerait que cette ambience soit de courte duree puisque le centre de la forteresse, ou tous les chemins me menent, me rappelle la nature immuable de l'invasion touristique. Esperant fuir cette masquarade, je m'engage dans une ruelle protegee par d'immenses voutes de pierres. Apres une descente de quelques minutes, j'arrive en bas de la colline. Ce retour au village ne me deplait pas puisqu'au moins il me permet de fuir les touristes qui m'arrachent a mes pensees.
Quelques metres plus loin, j'apercois a ma droite un chemin endroit donnant sur un escalier dont il m'est impossible d'apercevoir la fin, perdue dans les ombres d'une foret grisatre. Tout en haut, on peut apercevoir la silhouette d'un batiment immense plonge dans les tenebres. Nulle trace de touristes, le chemin me semble bon. Les premieres marches sont jonches de debris de verre brun, je prend donc attention aux endroits ou je mets les pieds. C'est alors qui j'apercois a ma grande suprise un bout d'os, visiblement ronge par quelque chien sauvage. Je continue mon chemin et j'en apercois un second, cette beaucoup plus gros et encore teinte de taches sanguignolentes. Un frisson parcours mon echine alors que je reprends mon ascension.
Les marches, d'abord nettes et bien tailles, deviennent rapidement inegales et mal ajustees. Bientot, la foret remplace les habitations de la ville et je chemine maintenant sur de la terre battue a laquelle on a simplement rajoute un morceau de roc a intervalle regulier. A de nombreuses reprises, je dois m'arreter pour m'assurer de ne pas glisser et risquer de me briser le cou. A chaque pause, il me semble entendre de nouveaux sons inquietants emanant des fourres. J'arrive alors a un petit sentier qui bifurque vers la droite. L'ascension se fait moins marquee et je remarque alors que les bruits de la ville sont plus sourds et que la foret m'entoure completement.
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1 commentaire:
mais mais maiiiis je veux la suite! :)
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