jeudi 30 octobre 2008

La Bosnie et ses traumatismes

Bon, en relisant mes dernieres entrees de blogue, je realise quil y a certains trous. Oups!

Alors en ce qui concerne la Croatie, je dois avouer que je suis trop en retard pour ecrire quelque chose. Certains ont eu quelques impressions de ma part par des emails. Je dois dire qu'en general, je n'ai pas aime vraiment la Croatie mais que j'ai aime la mer Adriatique. En fait j'ai adore la mer Adriatique. Ceux qui regardent la carte se rendent compte que c'est cote-a-cote... En tout cas. Je suppose que je pourrai vous raconter tout ca de vive voix un jour. Mais la Croatie est deja loin derriere moi alors je vais passer a la Bosnie.

J'ai vraiment bien aime la Bosnie. Elle m'a dans l'ensemble beaucoup touche, porte a beaucoup de reflexion, sur l'histoire, sur la place de l'occident et de notre hypocrisie politique. Sur la guerre, sur la nation, sur la religion. Sur moi? Pourquoi pas.

Apres avoir passe a Dubrovnik (Croatie) en coup de vent, je suis arrive a Mostar. C'est la deuxieme ville de Bosnie. Lorsque je suis arrive la bas, il fesait noir, j'etais pas trop sur d'ou je m'en allais. En debarquant de la bus, un type me dit: "Hey c'est moi Zlatko, tu sais mon cousin m'a parle de moi, tu viens avec moi." Sur le coup j'etais pas trop sur, je connaissais pas ce type et j'etais pas trop reveille. Finalement il me convint de le suivre, il me dit que son char est pas loin et que tout est cool, il me laisse meme la chambre, qui est en fait un appartement pour 9 euros. Une aubaine! J'embarque, je doute, je lui dit que je vais rester une journee et ensuite que je vais voir ensuite. Finalement, il avait dit tout vrai: Je venais de louer pour 9 euros un appart complet avec cuisine salon tv cable lit double balcon laveuse secheuse toilette tout le quitte. Wow. Je pourrais meme pas me payer ca dans le beau Quanada.

J'ai ensuite appris a decouvrir Mostar et son histoire. C'est une ville qui, comme la Bosnie dans son ensemble, est multi-ethnique. La riviere (tres jolie) qui passe en son centre marque la frontiere entre les Croates (cathos) et les Musulmans. Lorsque les milices croates ont commence a foutre la merde en Bosnie, Mostar etait un endroit parfait pour fiare une guerre civile. Mostar vient de Most qui veut dire pont, donc c'est la ville du pont. Ce pont est un symbole de liaison entre ces deux peuples. Pendant la guerre, le Most a ete detruit par les milices croates malgre l'effort de l'Unesco pour le proteger. Bref, Mostar c'est le souvenir de la division, de la guerre civile et fratricide. Les traces de cette horreur sont encore tres visibles, trous de balles, ruines, j'ai meme vu un ensuite poste de police completement ravage. Une beaute parmis les horreurs: on retrouve a l'interieur de certaines ruines des arbres qui sont maintenant a maturite. C'est beau la nature qui reprend son droit sur la ville.

Petit apparthe sur cette belle emotion: le lendemain Zlatko a trouve un autre locataire pour lappart. C'etait vraiment bizarre, c'est genre mon clone australien. Il est petit, chatain, un peu dodu, des lunettes. Au lieu d'avoir une coupe de cheveu un peu grotesque, lui il a une moustache immense (et grotesque). Bref, si je me fais pousser une grosse moustache en broche, je sais a qui m'adresser pour me deguiser en Dupont et Dupond. Semble-t-il pourtant qu'il ne suffit pas d'avoir la meme tronche que quelqu'un pour vraiment lui ressembler. CALISSE D'ANGLO-SAXONS J'SUIS PU CAPABLE! Oups... en tout cas, ca pullule d'Anglais, de Canadien, d'Australiens (surtout d'Australiens!) dans les auberges de jeunesse pis honnetement, ce sont pas les gens les plus palpitants. M'enfin, l'anecdote etait quand meme savoureuse.

J'ai ensuite quitte Mostar pour Sarajevo. Cette ville m'a fait beaucoup de bien je crois. D'abord j'ai enfin eu l'impression d'etre loin. L'influence turque y est tres visible. C'est un avant poste du Moyen-Orient en terre europeenne. Il y a vraiment plusieurs choses que j'y ai apprecie. Le cafe: servis a la turque, c'est-a-dire directement bouilli dans l'eau, il est avec du sucre et un Loukoum. Sa teneur en cafeine est tres forte (comme un piston), son gout est tres fort (yeah!) et il a une drole de texture epaisse a cause du cafe qui est en surprenant (on s'y habitue!). C'est de loin la boisson la plus prisee de Sarajevo. Il ne faut pas oublier qu'on y est en terre musulmane, l'alcool est rare et plutot cher. Mais il est tres facile pourtant de l'oublier, cette terre musulmane. Outre les minarets qui remplacent les clochers d'eglises et les jolies homelies qu'elles declament de temps en temps, tous les prejuges qu'on a l'egard des musulmans s'envolent comme les pigeons chasses par les petits gitans sur la place publique. Les femmes voilees sont minoritaires, les gens sont ouverts, gentils. Ils magasinent dans les memes magasins, conduisent les memes voitures, etudient les memes matieres a l'ecole. La seule difference c'est qu'ils ont moins de repugnance a prendre ton argent (c'est pas des cathos!) mais ils sont plus accueillant. Mais estie qu'ils conduisent mal, ce qui est pourtant un trait absolument balkanique et pas du tout islamique.

Mais ce que j'ai aime le plus a Sarajevo, ce sont les vieux joueurs d'echecs. Ce sont a date je crois mes premiers "amis" de voyage que je n'ai pas rencontre parce que je leur achetait quelque chose (Zlatko etait quand meme vraiment tres cool) ou que je les rencontrais dans mon lieu de dodo, soit couchsurfing ou des cochambreurs d'auberge de jeunesse. Non, c'est juste des vieux bonhommes qui passent leur journees a jouer aux echecs sur un echiquiers immense, ou chaque case est une tuile du parc ou ils se tiennent. Vous devriez les voir! On aurait dit un match de lutte, chaque type commentant les coups, donnant des conseils, s'exclamant devant un bon coup ou s'esclaffant devant un coup trop nul. Chaque jour pendant que j'etais a Sarajevo j'allais voir quelques parties d'echecs. A la fin, ils me reconnaissaient et j'ai meme eu droit a une petite conversation qui ressemblait plus a une partie de mime. Je ne parlais ni Bosniaque, ni Allemand, et mon nouvel ami ne parlait ni Anglais, ni Francais (ni Espagnol hehe). Ich spreche nicht doitsche! (merci Catherine, ca m'a servi!)

Il a pourtant reussi a me parler un peu du siege de Sarajevo. Pour vous faire un histoire courte, les Serbes ont tente pendant 3 ans et demi de prendre Sarajevo en faisant craquer la population. Comme la ville est au fond d'un espece de bol de montagne, les Serbes ont pris position en haut. Incapable de prendre la ville, ils l'ont encercle, bombarde. Ils tiraient des bombes sur les marches publics, ils faisaient feu sur les passants dans les rues. Pendant plus de 3 annees, les Sarajevans ont resiste, apprenant a vivre avec rien et developpant un incroyable esprit de debrouillardise. Mon nouvel ami dont je vous parlait m'a mime avec enthousiasme que lui et ses amis ont defendu Sarajevo avec des armes de fortunes, il a siffle pour me faire comprendre que les obus tombaient la ou nous etions, me montrant les eraflures sur les paves ou ils jouaient aux echecs!

Mais ce qui ressort de toute ces histoires tres tristes, c'est que les Bosniaques savent tres bien vivre. Ils ont l'air heureux, ils sont accueillants et fiers de ce qu'ils ont a montrer.

Ce qui est marrant c'est que j'ecris ces lignes directement de chez l'ennemi! Je suis presentement a Beograd, capitale de Serbie, ceux-la meme qui lancaient les obus en 1995. Pour l'instant, j'adore la ville. C'est une grosse metropole, la premier vraie ville que je croise depuis Paris. Mais c'est vraiment un pays de fachos. Y'a des flics partout, le parc principal c'est LE CHAMPS DE BATAILLE et j'ai deja croise une manif ultranationaliste anti-europeenne ou des policiers m'ont rapidement fait savoir qu'ils n'avaient pas besoin d'observateurs internationaux.

Mais ce qui est bizarre, c'est que je me sens bien a Beograd. Les gens sont VRAIMENT gentils. Comme dans vraiment beaucoup! Un citadin frenetique s'est arrete dans la rue pour me demander si j'avais besoin d'aide avec ma carte, une serveuse de cafe riait avec moi du fait qu'on comprenait rien de ce qu'on se disait l'un l'autre et l'auberge de jeunesse ou je suis en vraiment super. J'ai d'ailleurs rencontre les premiers voyageurs qui me font pas honte d'etre touriste.

J'ai realise tout a l'heure qu'il y avait surement de la neige par chez-vous. Ca m'a fait soupirer. Ah ben tabarnak. Un seul mot, et je chasse le mal du pays.

2 commentaires:

Dv a dit…

Allo Phil,

C'est super de te lire comme ça!

Pour les chauffards, je crois que c'est relativement répandu au-delà de ce que nous pouvons croire. J'ai constaté pendant mes voyages au Pérou, au Sénégal et au probablement aussi au Maroc (je vais te le confirmer dans quelques semaines), c'est la même chose!

Pour les musulmans, les choses se passent différemment ici, au Sénégal. Quoiqu'il s'agisse d'un pays relativement libéral religieusement (95% musulmans, 5% chrétiens et 100% animistes). Beaucoup de femmes portent le Hidjab, je crois que plus de la moitié le portent en fait, même s'il y en a qui ne le font pas. Peut-être que la culture prime sur les préceptes musulmans finalement! Ou peut-être est-ce le fait que chaque culture s'approprie les préceptes musulmans et les modèles à leur image ? Hypothèse à vérifier!

Bonne continuité, c'est un délice de te lire! Et bon voyage!
Dv

Mireille a dit…

Pas de neige non! Il en est tombé quelques grains mais... Rien de sérieux! On t'en reparlera... bientôt :P !

Je copie "dv" et je te dis que c'est super de te lire, c'est vraiment divertissant pis j'apprends plein plein de choses... merci pour tout :) !

Bon, je passe à l'autre post!
xxx
Mireille