lundi 10 novembre 2008

Les enfants du voyage (partie 2)

C'est avec les bons conseils d'Horia, mon hote couchsurfing, que je reprend la route vers le Nord de la Roumanie. Selon ses bons conseils, je dois me rendre d'abord a Curtea de Arges afin de pouvoir y prendre la fameuse "Trans-fagaras", une route supposement incroyable.

Je prends un premier train qui m'amene a Pitesti, une ville assez laide, assez salle (en fait les murs la bas sont vraiment cottes, on comprend mieux l'expresion blanc casse), avec pas grand chose. Heureusement que je n'y suis que pour attendre le prochain. J'attend. Je vois arriver un truc, on dirait une locomotive carre et brune. Je me demande bien a quoi ca peux servir. Semble-t-il que ca allait me servir de train... Ecoutez j'ai jamais vu une "reguine" de meme. (Parenthese, y'a une ville en Roumanie qui s'apelle Reghin. Une autre qui s'appelle Clit.) Ca shakait de partout, il faisait chaud ca avait pas de bon sens, y'avait une vieille qui bouffait du pop-corn et qui manquait de perdre son dentier apres chaque. Bref, une belle relique du communisme. (Encore une parenthere: J'ai vu une autre relique du communisme, soit un marteau piqueur. Comment j'ai su que c'etait une relique? Il etait rien ecrit dessus et il etait monochrome. Pensez-y...)

Apres m'avoir faite shaker le bourlet comme dans Elvis Gratton pendant une heure dans un container brun sur roulette, j'arrive a Curtea de Arges. J'avais la mauvaise impression d'etre pogne a Matane, avec l'odeur de merde en moins mais surtout, sans le fleuve et mes grands-parents d'amour :(

En fait, personne va a Curtea de Arges. Ca fait que y'a pas vraiment d'endroits pour dormir, sauf l'hotel ou des gros Americains qui font du bizniss vont. Ca fait que j'ai du payer 116 lei (50 piasses!!!) pour dormir dans une ville de province ou il n'y a rien a faire. J'etais d'autant plus de mauvaise humeur que j'ai fait deux fois la ville a pied pour trouver autre chose que ce bloc de beton trop cher. En tant que bon Amerloque, j'ai quand meme reussi a rentabiliser mon investissement, j'ai pris une douche brulante de 25 minutes, j'ai dormi 12 heures, j'ai vole du savon, le papier de toilette, un yogourt et du fromage pour mon diner dans le buffet du dejeuner gratuit. Yeah!

Alors la c'etait le temps d'aller vers cette fameuse Trans-fagaras. Elle etait mieux d'etre belle...

La-bas, entre les petits villages, ils utilisent des grosses vannes blanches pour se deplacer. J'en attend une environ 2h sans trop savoir pourquoi devant un espece de fast-food, qui s'appelle Killer Chicken. Je sais pas pour vous mais je trouve que c'est le PIRE nom pour un resto. En tout cas... J'attends la comme un cave a me geler les fesses sur le beton avec comme seule indication un petit bout de papier sur lequel il est ecrit quelque chose en roumain qu'un bon samaritain m'avait ecrit. Le bus ne passe pas. Heureusement pour moi, y'a un ado trop sympa qui se met a me parler, qui me demande qu'est-ce que je fous la (il se doute bien que c'est louche un gars qui brette a Curtea de Arges). Super gentil, il me trouve un autre bus qui va faire l'affaire, il explique ma situation au chauffeur bref tout va bien. Jusqu'a ce que je monte dans le bus... Je croyais que le container sur rail c'etait le pire, mais j'avais pas encore vu ces bus la. Imaginez-vous a 30 dans un panel, la tete penchee pour pas se la peter sur le plafond, pis a chaque arret on te pousse dans le fond, plus profond. Mais j'etais content, j'etais sorti de Curtea de Arges.

Finalement, le bus se vide petit a petit, je peux m'asseoir et la, au milieu de nulle part, un flo de 13 ans me dit je-me-souviens-plus-quoi-en-roumain-mais-ca-veut-dire-debarque. Ouais, je suis arrive au bout de la route. Je debarque. C'est la que le plaisir commence! Au loin il y a les montagnes, les Fagaras. Il ne me reste plus qu'un moyen de transport ici; je leve le pouce.

Apres... 3 minutes (serieusement!) je me fais embarquer par un gros truck (il l'air de transporter... de la bouette). Bon petite parenthese pour epargner la pression arterielle parentale: eh ouais, en Roumanie tout le monde fait du pouce. A bien des endroits on peut juster y aller comme ca. Hehe. Bon donc on prend la route, la vue est magnifique, la route prend de l'altitude de Zig-zag en zig-zag. En fait, c'est comme faire de la randonnee en montagne, mais dans un truck de plusieurs tonnes. Apres une heure de delice pour les yeux on arrive... nulle part. Le chauffe de dit de debarquer. Oups.

Pendant deux heures, y'a pas UN ESTIE DE CHAR QUI PASSE DANS LA BONNE DIRECTION. Je sais pas pourquoi, mais ils vont tous vers le sud. Finalement, un char arrive. Bonheur! Il s'arrete en plus! Wow! C'est trois jeunes d'a peu pret mon age, surexcites, qui s'en vont a Balea Lac. Le brouillard se leve alors. Je suis un peu decu, moi qui etait la pour la vue... Alors on roule dans un nuage, toujours en prenant de l'altitude. Et puis on ressort du nuage. Wow. On est au sommet d'une montagne, toujours sur la route, les arbres ont disparus, il n'y a plus que l'orange du roc et le blanc du nuage sur lequel on dirait que la voiture flotte. Magnifique! On arrive a Balea Lac, ca aussi c'est tres beau. C'est un lac en plein sur le pic de la plus haute montagne des Fagaras. Il y a meme de la neige! Je comprend alors pourquoi j'ai du me taper Curtea de Arges et la ride de pouce.

Le soleil commence a se coucher (j'ai passe vraiment beacoup d temps a attendre cette journee la...) et je commence a penser que je vais devoir passer la nuit la. Le prix est encore une fois un peu trop cher alors je quitte mes comparses roumains en leur disant que je vais essayer a tout hasard de faire un peu de pouce mais que je reviens des qu'il fait noir, en leur promettant de leur payer une biere pour la ride. Finalement, je m'ecrase sur une grosse roche, bien plus absorbe a regarder la vue qui s'offre a moi. Quand soudainement passe le SEUL vehicule que j'ai vu sur ce montant de la montagne... et il me ramasse! Et en plus, il va a Sibiu, la ville que je n'esperais plus d'atteindre cette journee-la. Le gars est franchement sympathique, on baragouine les deux du mieux qu'on peut. J'apprends des mots tres importants en roumain, notamment scump! qui veut dire cher. (Combiner a mult qui veut dire beaucoup je suis rendu un barguineur hors-pair!) Finalement, j'ai meme rencontre sa femme et sa fille qu'il est passe prendre avant d'aller porter son truck a Sibiu. (Encore une parenthese: sa fille a trois ans et elle a deja commence a apprendre l'anglais. Tous les jeunes ici parlent vraiment un anglais pas pire pentoute. Mais des que tu tombes sur quelqu'un qui n'est plus dans la petite vingtaine, ils parlent juste roumain. C'est parfois assez marrant d'employer un enfant comme traducteur)

Finalement j'arrive a Sibiu. Je mange une pizza, je m'installe dans une HI (j'ai meme pas envie d'expliquer c'est quoi, allez voir sur wikipedia), je parle anglais avec des Canadiennes moches. J'ai un gout de Walt Disney dans la bouche, surtout apres la super epopee de la journee. C'est tellement vrai ce que dit l'adage: le voyage vaut parfois mille fois mieux que la destination.

...

Ok ok je finis pas avec une conclusion de meme! En fait, je crois que je vais reecrire un autre texte tout de suite.

2 commentaires:

Pierre Nazair a dit…

Non Phil, c'est pas vrai !
T'as pas dormit dans un HI après un si fabuleux voyage !!
Avec mes canadiennes !!!

Excuse moi mais c'est trop drôle, hahaha !!!!

Pierre Nazair a dit…

Oups pas MES canadiennes mais DES canadiennes.